EDITO

Dimanche 16 novembre 2008 7 16 11 2008 23:00
 


Bonsoir.

Le roi de Belgique, Albert II, et le premier ministre belge Yves Leterme qui assistaient ce matin –côte à côte à la célébration du bicentenaire du Consistoire de Belgique - ont manifesté le soutien du pays à l’institution consistoriale.
La superbe Grande Synagogue de la rue Régence et son beau décor roman et byzantin accueillaient en effet à onze heures les principaux dirigeants politiques du pays et les responsables de la communauté juive belge pour un office historique.
Comment le consistoire belge peut-il fêter ses deux cents alors que la Belgique n’a proclamé son indépendance que le 4 octobre 1830 en se détachant du royaume batave ?
Parce que les fondateurs de l’époque s’inspirèrent, dans le nom comme dans la forme, d’une institution créée vingt-cinq ans plus tôt par Napoléon.
A l’instar de ce qui avait été réalisé en France, l’Empereur avait mis en place en Belgique, un organisme centralisé pour gérer les communautés juives et la reconnaissance du culte israélite en Belgique s’appuie ainsi sur le fameux décret impérial du 17 mars 1808.
Le modèle consistorial belge comme son modèle français a su traverser deux siècles d’une histoire européenne parfois tragique et permettre l’insertion des juifs dans le cadre politique et civil du pays sans reniement de leur foi.
Modèle d’intégration des Juifs aux sociétés modernes, il a inspiré –en Belgique comme en France – des projets d’organisation pour d’autres religions comme l’Islam.
Le modèle consistorial dans les deux pays est une véritable réussite : institution représentant le judaïsme, interlocuteur des pouvoirs publics, le Consistoire a su préserver l’unité de la communauté et promouvoir, dans le respect des diversités et en conciliant tradition et modernité, la pratique du culte.
Les deux structures jumelles ont bien travaillé et se portent bien.
A nous, de porter les ambitions et les projets des Juifs pour qu’ils puissent vivre pleinement leur foi dans le respect des lois de la République… ou du Royaume.


Jack-Yves Bohbot
vice president du Consistoire de France et de Paris

Par Initiative Rabbinique - Publié dans : EDITO
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 30 octobre 2007 2 30 10 2007 19:50
Regards Juifs sur la  politique d' immigration du gouvernement:                            

 

Le problème de la langue, celui du revenu minimum, le contrat d’accueil et d’intégration, les tests ADN pour le contrôle du regroupement familial, toutes ces nouvelles dispositions que les deux assemblées viennent de voter reflètent  de toute évidence un infléchissement de la politique d’immigration de la France. 

 

Les juifs, marqués par leur Histoire, ne peuvent qu’être interpellés par ces mesures  qui visent à ralentir le flux migratoire vers l’Hexagone.

 

Souvenons-nous ! Les Juifs, en France, furent à un moment ou un autre des migrants. Qu’ils soient venus des rives de la Méditerranée ou quelques années plus tôt de l’Europe de l’Est, ils furent heureux alors de trouver une terre d’accueil qui leur ouvrit les bras, au point où « heureux comme un Juif en France » tiré d’un dicton yiddish, devint leur bannière.

 

Du point de vue de la tradition juive, la Thora enseigne à l’homme d’aimer, de respecter l’étranger, car rappelle-t-elle « tu n’opprimeras pas l’étranger, ni ne le molesteras, car vous-même avez été étranger en terre d’Egypte » (Exode 22 ,20).

 

Cependant, l’étranger, à l’instar du citoyen lambda qui habitait en terre d’Israël au  temps biblique avait des droits, mais aussi des devoirs, dont ceux de  respecter la part de leur  « contrat d’intégration »  en respectant les sept lois noahides, dites lois universelles !!

 

L’instauration d’un test génétique aux fins de vérification ou d’authentification d’une personne d’une même famille peut  soulever, avec âpreté, le problème de la dignité de la  personne humaine.

 

Comme le rappelle  Bernard-Henri Lévy  «  dans une démocratie, on ne touche pas à ces histoires de  preuve par le sang ».

 

Pour certains, cela évoque par analogie, les lois raciales de l’Allemagne nazie et plus proche de nous  de la doctrine du Front National : droit du sang contre droit du sol qu’offre l’obtention de la nationalité.

 

Concrètement,  la conscience -collective, individuelle-, de la société, risque de retenir que ce n’est que le sang qui détermine la nationalité. 

 

Toute introduction du biologique dans le politique doit être examinée avec une attention toute particulière.

De ce  fait, introduire  la génétique dans l’ère d’une utilisation non plus exclusivement médicale ou judiciaire, mais dans des considérations politiques, crée la brisure d’un tabou et un précédent dangereux, dont un pouvoir politique pourrait l’utiliser à des fins moins avouables,un jour ou l’autre.

 

Sur un plan humain, un enfant adopté est-il moins le fils de son père et de sa mère adoptifs ?

Les liens d’amour ne sont-ils pas aussi forts que ceux du sang ?

 

A l’opposé, s’il y a fraude au regroupement familial et  si 56% de français sont favorables aux tests ADN, cela met en lumière  l’échec politique de l’immigration menée par les gouvernements successifs, de tous bords.

 
En terme religieux, avant d’apporter assistance à autrui, il faut apporter assistance à soi-même. Précisons. Dans un pays, comme la France, où le taux de chômage est élevé, ou  la recherche d’un logement est un véritable  parcours du combattant, peut-on, doit-on, ouvrir les frontières et accueillir de nouveaux immigrants ?

 

La République Française, le gouvernement Français accueilleraient très vraisemblablement d’autres candidats à « l’eldorado » Français, au nom de ses principes, et si elle avait la possibilité, d’accueillir davantage, mais également de les intégrer à l’instar de ses  autres citoyens et mettre en pratique  « une seule et même loi régira le citoyen et l’étranger demeurant au milieu de vous » (Exode 12,49).

 

La polémique suscitée par les tests ADN ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt, en d’autres termes, cette malheureuse affaire des tests ADN  ne doit pas masquer ce difficile dilemme : les limites de l’amour du prochain.

 

Mikaël JOURNO

Rabbin de Fontenay aux -Roses et de sa région

Président du Collectif pour l’Initiative Rabbinique (C.I .R)

http://irpourdemain.over-blog.com/

Par Initiative Rabbinique - Publié dans : EDITO
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander

Présentation

Recherche

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés