Le aleph, beth de Yoni Krief, Rabbin de Nantes
A comme
Ascendance : je suis né le 13 novembre 1977 à Garges Les Gonesses dans le Val d’Oise. Je suis l’aîné de mon frère et de mes quatre sœurs. Je suis issu d’un milieu modeste. Nous vivions dans une barre HLM d’une banlieue difficile, »chaude ». On ne partait tous les ans en vacances. Autant vous dire que je n’ai pas connu de jeunesse dorée.
Alliance : Je suis marié avec Sarah depuis 2001. Mon épouse, qui est « le phare de mon existence », est professeur des écoles, elle à également suivie une formation de psychothérapeute. Nous avons deux merveilleux enfants : Eyal et Shira.
Antisémitisme : J’ai peur pour mes enfants et dans le même temps je me dois d’être optimiste. J’ai vécu la douleur de l’agression antisémite dans ma chaire. C’est l’amour des miens, la Thora et l’aide de D. qui m’ont permis de se surmonter cette terrible épreuve.
Alyah : Ma première alyah fut ma montée à la thora le jour de ma bar-mitsva ! Maintenant si on parle de s’installer en Israël, j’aimerai dire d’abord que j’aime Israël et que mon cœur bat pour cette terre. Beaucoup de proches ont franchis le cape, je trouve cette démarche formidable et très courageux, mais en même temps je reste convaincu que nous avons encore en tant que juif une place en terre de France. Les juifs ont besoins de la France et la France a besoin des juifs.
Autoportrait : Je suis un autodidacte, un pur produit de la volonté de réussir. Vous savez pour le petit garçon du 95 que j’étais, devenir le rabbin de Nantes, la 6e ville de France ce n’est pas rien, surtout pour maman !
Admiration : Ma première admiration va à ma mère qui nous a élevé le mieux possible en dépit des difficultés. Elle m’a toujours soutenue, notamment dans mes études rabbiniques.
Ensuite je citerai le Maharal de Prague qui a pensé le travail de l’homme dans ce bas monde comme le parachèvement de l’œuvre divine. J’aime cette vision de la vie car elle place l’homme devant ses responsabilités. Je ne peux pas, ne pas citer le grand rabbin Jacob Kaplan qui a guidé la communauté juive de France dans les heures les plus sombres de son histoire. Ce rabbin « de » et ancré dans la cité,était également animé du souci permanent des autre. Il a également réussit su rendre les lettres de noblesse au Rabbinat français.
Amour de D. : J’ai été élevé dans un milieu pratiquant. J’essaye de faire téchouva à chaque minute, à chaque instant en me remettant sans cesse en question. J’ai en D. une confiance et une crainte absolue tout en étant animée d’un questionnement permanent, du « pourquoi ? ». Cela n’est pas paradoxal, D. nous demande de suivre ses principes mais aussi de tendre vers plus de compréhension…
Actualité : Je suis rabbin de Nantes et la région Pays de la Loire depuis septembre 2006. Cette communauté regroupe 400 à 500 familles. A mon arrivé, le talmud Thora comptait 5 élèves, il y en a aujourd’hui plus d’une vingtaine ! Sur un plan régional, le travail du rabbin est à la fois fondamental et gigantesque. Je vois mon travail comme une vocation : celui de raviver la flamme juive. C’est pourquoi je suis en perpétuelle recherche de « nouveaux talents ». Nous travaillerons avec le président de la Communauté Monsieur Patrick Lalou beaucoup sur les lycées et les universités. Ce sont les jeunes qui feront la communauté de demain. Je profite de l’occasion que vous me donnait pour lancer un appel à tous les juifs de ma région : Ensemble, nous pouvons conjuguer le judaïsme au présent et au futur.
Anecdote : En 2000, j’ai assisté à l’apposition d’une plaque à la mémoire du grand rabbin Jacob Kaplan. La cérémonie se tenait rue des Ecouffes dans le 4e arrondissement de Paris. Je venais de terminer mes études à l’école rabbinique. C’est un moment particulier pour moi. J’étais d’abord très ému et j’ai ressenti la confirmation de ma vocation, à cet homme je souhaiterai ressembler !
Affaire : Après le bac, j’ai intégré la yeshiva d’Epinay sur Seine. Ensuite parallèlement à l’école rabbinique, j’ai obtenu à la faculté un doctorat de Psychologie et un master en communication. Je boucle actuellement une maitrise d’Hébreu moderne. J’ai été diplômé de l’école rabbinique il y a 3 ans. Deux ans, durant j’ai exercé mon sacerdoce à Clermont-Ferrand.
B comme :
Béréchit : Enfant, je voulais déjà devenir rabbin. J’ai toujours admiré les figures rabbiniques, comme le rabbin Berrebi de Champigny qui n’est autre que mon oncle. Je vois le rôle de rabbin comme celui d’un guide, d’un maître qui unifie, qui fédère et qui donne une impulsion de fraîcheur et de vie, mais qui transmet également le savoir et la connaissance de la Thora.
Blessure : Mon agression antisémite en janvier 2001. A l’époque, j’étais encore élève à l’école rabbinique, je me rendais au chevet d’une famille en détresse à Garges les Gonesses, la ville où j’ai grandi. A la sortie de la gare, j’ai été pris à partie, insulté, menacé d’une arme et dépouillé. Ce fut une épreuve terrible qui a laissé en moi une trace indélébile. Je n’ai plus jamais remis les pieds dans la ville de mon enfance. Le caractère antisémite de mon agression était incontestable.
Bande : Je me sens proche du Président de Nantes, mais aussi du Grand Rabbin Michel Guggenheim, directeur du Séminaire Israélite de France. Bien évidemment, je citerai le grand rabbin de Paris, David Messas, le grand rabbin de France, Joseph Sitruk mais également pour le Président de l’association « Initiative Rabbinique » le rabbin de Fontenay aux Roses, Mikaël Journo jeune , dynamique toujours là pour aider les autres . J’ai de l’amitié et un grand respect pour le rabbin Olivier Kaufmann de la place des Vosges qui a su faire revivre une communauté juive historique.
Article paru dans Actualité Juive Mars 2007
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