Chers amis,
Quelques heures avant l’entrée de Chabbat
,je vous prie de bien vouloir noter que ce Chabbat les hommes ,les dames et les enfants sont priés de venir à la synagogue afin d’écouter la Paracha ZAHOR " La paracha du souvenir" .
En effet Le Chabbat qui précède Pourim est
appelé Chabbat Zahor, car il est d'usage de lire un passage supplémentaire de la Torah (Deutéronome 25, 15-19) qui commence par Zahor èt acher assa
Amalek/souviens-toi de ce que te fit Amalek.
Dans la Tradition, Amalek est identifié à
Aman. il est le prototype des dirigeants dont le programme politique fait une large part à l'antisémitisme virulent. On peut assimiler à cette catégorie de dirigeants tous ceux qui font appel aux
pulsions les plus primitives de l'homme et qui érigent l'exclusion et le racisme en doctrine politique et qui appellent au meurtre du peuple Juif ,qui veulent rayer
ISRAEL de la carte…et ceux qui ont commis des actes terroristes ignobles ,comme celui qui a frappé la Yechiva de MERKAZ ARAV de JERUSALEM .
En la mémoire de nos jeunes princes de la Thora ,le Collectif pour l’Initiative Rabbinique (CIR) vous propose la lecture d’un texte , écrit par
notre collègue et ami ARIEL REBIBO Rabbin de THIONVILLE
et de sa région.
Chabbat Chalom
Rabbin
Mikael JOURNO
http://irpourdemain.over-blog.com/
"Dès que débute le mois de Adar, nous multiplions la joie"
Comment entendre cette phrase du Talmud alors que
cette année, à la
Veille du mois de Adar II , tant d'adolescents ont
été assassinés ou
Blessées grièvement ? Comment chanter le Hallel,
les psaumes de louanges, en ce tragique jour de Rosh hodesh ? Tel ce verset 19 du
Chapitre 116 :
« Dans les cours de la maison de l'Eternel, en plein centre de
Jérusalem...»
Dans une yeshiva, en plein centre de Jérusalem, combien de cris ont
Eté entendu ? Combien de pleurs ? Au verset 16, le Roi
David affirmait Aussi
:
« Une chose
précieuse aux regards de l’Eternel, c’est la mort de
ses pieux serviteurs. »
Ses pieux serviteurs, ses « hassidim » sont ceux qui lui
sont
Intimement attachés. Si jeunes, ces élèves de yeshiva ont fait
le
choix de se vouer à l'étude de la Tora. Combien d'autres jeunes de
leur
âge consacrent-ils leurs journées mais également leurs nuits à
l'étude
de la parole divine ? Pour verser le sang de ces enfants, les
ennemis
D’Israël ont choisi un moment particulier ; celui de
l'étude de la nuit.
« Tout celui qui étudie la Tora la nuit ; un fil de bonté
est
tendu sur lui le jour. » (A. Z. 3b)
La nuit semble ne pas convenir à l'étude de la
Tora. La journée est
Passée, le temps de l'action n'est plu. Les corps sont fatigués et
les
esprits perdent leur vivacité. L'heure du repos arrive avec le
sentiment
de finir un temps. Celui qui, malgré tout, s'efforce de consacrer
sa
nuit à l'étude a conscience de la nécessité absolue de la Tora et
de
éternelle vivacité. Pour étudier la Tora nous avons effectivement
besoin
de nos capacités physiques et mentales. Mais pour exister en tant
que
juif, nos corps et nos esprits ont besoin de la Tora.
Durant la longue nuit de notre exil, maintes fois nos ennemis ont
voulu
croire que le corps et l'esprit de notre nation étaient épuisés.
Ils ont
considéré que la journée lumineuse de notre peuple et de notre
Tora
était passée et que nous devions sombrer dans l'obscurité. Mais
nous
avons persister à étudier, à enseigner et à pratiquer notre Tora de
vie,
malgré l'aube qui tarde à venir.
La fête de pourim célèbre précisément cette résistance d'Israël à
ses
ennemis. Elle illustre la lente mais certaine apparition de la
lumière
après la nuit. Pour Israël, la nuit précède la journée. Peut-être
est-ce
ainsi que nous devons comprendre l'affirmation du Talmud
:
« Rav Yehouda fils de Rav Shemouel fils de Shilat a dit :
de même
que lorsqu'entre le mois de av, nous diminuons la joie,
lorsqu'entre
le mois de adar, nous multiplions la joie. » (Ta'anit
29a)
Il existe un lien entre ces deux mois ; celui de la destruction de
notre
Temple et du début de notre exil et
celui de la fête de Pourim. La
Peine s'est transformée en joie, le deuil en jour de fête,
apprend-t-on
dans la Méguila. Le Talmud ne décrit pas des
états de faits. Ce sont
des injonctions. Au mois de Av, au cas où l'exil nous paraît doux
et
que le souvenir du Temple ne nous fait plus souffrir, nous
avons
l'obligation d'exprimer notre tristesse et de prendre conscience de
la
tragédie dans laquelle nous vivons encore.
Quand à l'inverse, au mois de
Adar, nos ennemis éteignent violemment
les jeunes lumières qui
éclairent enfin notre si sombre fin de nuit, nous avons
l'obligation de
continuer à ressentir la joie qui anime toujours l'âme de notre
peuple.
En mettant fin aux jours de ces enfants, leurs assassins croient
en
finir avec la lumière d'Israël. Mais ces «
fils de Tora » ont montré
qu'il n'existe pas un seul moment durant lequel la lumière de la
Tora ne
resplendit pas.
Ces justes ont donné leur dernier souffle dans des paroles
joyeuses
d'une Tora de vie. Leurs âmes sont entrées dans
l'éternité.
Rabbin Ariel REBIBO