Jeudi 11 juin 2009

Sujet : Lecture dans un livre à la lumière d’une bougie ou veilleuse.

Il est dit dans la Michna de chabbat p.11 : « un homme ne lira pas le chabbat à la lumière d’une veilleuse ». La raison est donnée dans la guemara p.12 : les hakhamim ont craint que l’homme « manipule » la veilleuse, pour améliorer l’éclairage, au moment de sa lecture. Et ceci touche une melakha : un travail interdit le chabbat qui s’appelle « mavir »= allumer (améliorer la lumière=allumer).

La guemara nous rapporte que Rabbi Ichmaël fils de Elicha a dit : « Moi je lirai mais je ne toucherai pas la veilleuse ». En fait, il était en désaccord avec les hakhamim. Un jour, pendant sa lecture si absorbante, il faillit toucher la veilleuse : se rendant compte de la justesse des propos des hakhamim, il s’écria : « Combien sont grandes les paroles des hakhamim qui ont dit que l’homme ne lira pas à la lumière d’une veilleuse ; En fait nos sages connaissent les tendances et le tempérament de l’homme, c’est pourquoi ils ont pris des dispositions (guezerot) qui s’imposaient, dans toutes circonstances. Maran dans le choulhan Aroukh a tranché au chapitre 275 : « On ne lira pas à la lumière d’une bougie, même mentalement, de peur de manipuler la bougie. Cette interdiction est valable, même si la veilleuse est à une hauteur de 10 étages donc impossible de la toucher ; car les hakhamim n’ont pas voulu distinguer les différents cas. C’est pour cela, même si la veilleuse est protégée, dans une lanterne, suspendue ou fixée à un mur, l’interdiction demeurera. La bougie, bien que le risque de la toucher reste minime, est aussi bien concernée par cette interdiction.

Les posskim ont étendu cet interdit, a d’autres actions : Le principe est que tout ce qui demande une « attention accrue », ne peut se faire à la lueur d’une veilleuse ; mais ce qui ne demande pas une concentration particulière, pourra se réaliser au moyen d’une veilleuse : c’est pourquoi, vérifier la cacherout des tsitsit, qui demande une attention soutenue, ne pourra pas se faire à la lumière d’une veilleuse (ou bougie). Par contre, vérifier l’heure à sa montre sera permis car ceci ne demande pas une grande attention.

Chanter les pizmonim de chabbat (qui sont plus ou moins connus) en s’aidant du siddour, sera permis.

Il faudra être vigilent à tout cela, en particulier si les lumières électriques sont déjà éteintes au moyen de la minuterie, de ne pas se plonger dans une lecture, en s’aidant des nérot de chabbat.



Rabbin Freddy ELBAZ

Par Initiative Rabbinique - Publié dans : HALAHA ( lois juives)
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