Cher(e)s ami(e)s
Le Collectif pour l’Initiative Rabbinique (CIR) à l’ honneur de vous proposer l’ étude de la Sidra réalisée cette semaine par notre collègue et ami , le Rabbin Jacky MILEWSKI.
En vous souhaitant une excellente étude et un grand Chabbat Chalom,
Bien amicalement,
Rabbin Mikael JOURNO
http://irpourdemain.over-blog.com/
PARACHAT PIN’HAS
Des sages femmes
Après la désignation des familles censées recevoir un lot territorial en terre promise, les filles d’un certain Tsélof’had se présentent à Moïse affirmant bien haut leur revendication : « Notre père est mort dans le désert. Toutefois, il ne faisait pas partie de cette faction liée contre l’Eternel, de la faction de Kora’h. C’est pour sa faute qu’il est mort et il n’avait pas de fils. Faut-il que le nom de notre père disparaisse du milieu de sa famille, parce qu’il n’a pas laissé de fils ? Donne nous une propriété parme les frères de notre père ».
Le Talmud explique que la proposition : « il ne faisait pas partie de cette faction » se réfère à l’assemblée des explorateurs et que les mots : « liés contre l’Eternel » font allusion aux enfants d’Israël qui se plaignaient constamment contre D… (Baba Batra, 118b).
En affirmant que leur père n’avait participé à aucune révolte contre D…, les filles de Tsélof’had espéraient convaincre Moïse du bien-fondé de leur réclamation et de sa légitimité.
Il est remarquable que nos cinq sœurs aient fait référence de manière explicite à l’épisode de Kora’h qui avait fomenté une insurrection contre le leaderchip de Moïse et d’Aharon. Nahmanide explique que les jeunes femmes craignaient que Moïse ne pense que leur père était aussi un contestataire ; ce qui leur aurait laissé peu de chance de voir leur demande agrée. En effet, elles imaginaient que Moïse avait gardé rancune envers les familles des ennemis d’hier. Pour éviter tout malentendu, les filles de Tsélof’had précisent l’innocence de leur père dans cette révolte.
Rabbénou Bé’hayé cite des commentateurs (avec lesquels il n’est pas d’accord) selon lesquels, Moïse a été touché par cette déclaration. Les femmes qui se tenaient devant lui provenaient de familles qui lui avaient été fidèles. Ce qui aurait pu le pousser à répondre favorablement à leur requête et, peut être, à ne pas rendre la justice de façon totalement objective. Ce serait ce souci de conserver sa neutralité qui aurait motivé le prophète à demander à D… de se pencher Lui- même sur la question.
Le Mechekh ‘Hokhma propose une autre orientation pour justifier que les cinq sœurs aient mentionné explicitement le fait que leur père ne s’était pas révolté contre Kora’h. Certains textes affirment que ces cinq jeunes filles étaient particulièrement perspicaces et intelligentes (Sifri). De fait, elles savaient que les biens d’un condamné à mort par le tribunal rabbinique revenaient de droit à ses héritiers et que les possessions d’un homme qui a été condamné à la peine capitale pour crime de lèse-majesté reviennent naturellement au roi (Sanhédrin, 48b). Or, Moïse avait le statut de roi (cf. Chevouot, 15a et Sanhédrin, 17b, Tossafot). Selon rabbi Méïr Sim’ha, le texte biblique en témoigne lui-même : « C’est pour nous qu’Il dicta une doctrine à Moïse…Ainsi, devint-il roi de Yechouroun (appellation d’Israël)» (Deut, 33, 4 et 5).
On comprend donc que si le père de nos sages filles avait participé à la révolte de Kora’h, celles-ci auraient perdu tout espoir d’héritage puisque Kora’h et ses hommes se sont révoltés contre le roi Moïse et se sont ainsi rendus coupables du crime de lèse-majesté. C’est pourquoi, les cinq sœurs insistèrent bien sur le fait que leur père était mort par sa propre faute. Auquel cas, ses biens doivent leur revenir.
Rabbin Jacky MILEWSKI
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