« Est-il pour moi rien de trop difficile ? » (Jérémie XXXII,
27).
Ce texte, destiné à calmer le prophète JEREMIE quant à la possibilité d’habiter JERUSALEM assiégée par les Chaldéens, nous donne la réponse permettant de
donner une explication partielle à tous les miracles inscrits dans les pages de l’Histoire d’Israël. Nous savons qu’ABRAHAM, presque centenaire, engendra son fils ISAAC. Après lui, JACOB
parvint à vaincre un ange venu le combattre.
ISRAEL put sortir d’Egypte après avoir subi un très dur esclavage, désespérant même pouvoir recouvrer un jour la liberté.
En effet, jamais on n’avait assisté en Egypte au départ d’anciens esclaves libérés de leur condition.
C’est pourtant ce qui s’est produit grâce à la miraculeuse intervention divine. Plus près de nous, nous avons été témoins de la catastrophe de la SHOAH.
Elle s’est abattue sur notre peuple, et pourtant, de façon inespérée, nous avons survécu. Bien plus, une grande partie de notre peuple vit désormais libre, sur sa propre terre, celle
d’ISRAEL.
Cette rétrospective nous montre à l’évidence qu’à tout moment, il faut jeter un regard sur le passé de notre peuple pour mieux comprendre l’avenir qui
nous paraît parfois sombre et incertain.
Comparer le passé comme source d’enseignement pour le futur permet avant tout d’éviter de recommencer les mêmes fautes. Tel est, entre autres, le sens d’un passage de notre sidra nous
disant : « Vois, j’ai placé devant aujourd’hui la Vie et le Bonheur, la Mort et le Malheur. » (Deutéronome XXX, 15).
Un de nos commentateurs fait remarquer que selon la Tradition Juive, la vie est étroitement liée au Bonheur. C’est ce que ne semblent pas avoir compris, en raison d’une mauvaise lecture de leurs sources spirituelles, ceux qui osent semer la mort pour détruire des vies humaines, comme cela se produit trop souvent de nos jours en ISRAEL mais aussi dans d’autres régions du globe terrestre où le dialogue de paix est combattu par les fanatiques du terrorisme. Nous devons nous y opposer par tous les moyens possibles.
Pour ce qui nous concerne, il s’agit de bien se pénétrer de l’idée selon laquelle faire le bien doit nous permettre de vivre une
existence paisible, non seulement pour la possession de bien terrestres, mais aussi, et surtout, pour savoir profiter des valeurs spirituelles.
Car, seule une action morale et spirituelle est susceptible de mettre en relief tout ce qu’il y a de positif dans une existence humaine. Par ailleurs, vouloir le mal, c’est incontestablement
vouloir favoriser la destruction d’autrui et la nôtre en même temps.
Notre texte nous propose donc de choisir entre le bien et le mal. Telle est pourtant la vocation de l’homme. A partir de certaines
erreurs du passé, en fonction de notre expérience, nous pouvons choisir de bâtir notre avenir, de manière à le rendre un tant soit peu meilleur.
Certes, il faut bien admettre que notre passé laisse toujours en nous des traces profondes, telles que les erreurs dont nous n’avons pas toujours su discerner à temps, les conséquences
qu’elles pouvaient d’entraîner.
C’est pourquoi, le sens profond de notre sidra consiste à nous proposer un choix de vie, pour tenter d’améliorer le futur grâce à l’expérience du passé.
Comme chacun le sait, notre sidra est la dernière qui sera lue quelques jours à peine avant ROCH-HACHANA. Cette solennité de notre calendrier hébraïque est donc
toute indiquée pour la question soulevée plus haut, celle du choix entre le bien et le mal.
Celui-ci est proposé à l’homme pour lui permettre de se renouveler constamment. Et c’est parce qu’il est perfectible, capable de se remettre en question, que le
choix lui est proposé à ROCH-HACHANA.
L’on comprend ainsi que cette fête n’est jamais semblable à celle que nous avons vécue l’année précédente, en raison de tous les changements ayant pu s’opérer durant l’année écoulée.
Chaque année, nous nous enrichissons donc d’une expérience nouvelle. Nous tentons de provoquer en nous un changement, et le retour de ce rendez-vous annuel avec
notre Créateur et notre conscience ne doit pas nous laisser insensibles à notre devenir spirituel.
Si cette fête constitue une étape au terme de laquelle nous espérons voir se poursuivre une existence aussi paisible que possible, elle est aussi avant tout, l’occasion d’une comparaison
entre ce qui a été fait et ce qui aurait pu être fait. De là apparaît alors la nécessité de se référer au passé sans pour autant désespérer d’un avenir meilleur pour nous, autant que pour la
société à laquelle nous appartenons.
Au moment où s’achève l’année religieuse avec ses malheurs, après tout ce que nous avons connu ces derniers mois en raison de la guerre opposant ISRAËL aux
terroristes du HEZBOLLAH, en pleurant toutes les victimes de cet aveuglement terroriste, nous voulons exprimer l’espoir de voir revenir dans leur familles les soldats kidnappés, et que
l’année nouvelle puisse nous permettre d’assister à la réalisation d’une paix véritable et durable pour cette terre si chère à nos cœurs.
Grand Rabbin Alain GOLDMANN
Grand Rabbin du Consistoire de Paris Ile de France
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